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Pourquoi je ne conseille pas les prépa’ scientifiques

Pourquoi je ne conseille pas les prépa’ scientifiques

Les CPGE ou Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles, sont une véritable institution en France. Je vais ici parler uniquement des classes préparatoires dites scientifiques, car c’est ce que je connais le mieux. Je suis moi-même, il y a quelques années passée par là, j’étais plus exactement en classe préparatoire dite intégrée et je vais donc expliquer ici la différence et vous présenter les alternatives qui existent aux classes préparatoires classiques, et vous expliquer pourquoi je ne recommande pas cette voie.

La « prépa » comme on l’appelle dans le jargon c’est 2 ans, voire 3 ans si tu prends ton temps, où on t’enseigne un maximum de notions complexes en mathématiques, physique, chimie, biologie, sciences de l’ingénieur et j’en passe, selon le type de prépa choisi. Si tu as de bons résultats à l’issue de ta première année de prépa tu pourras intégrer en deuxième année une classe dite « étoile » avec uniquement les meilleurs élèves, où le niveau sera un peu plus élevé. Tout ça pour quoi ? Pour passer à l’issue des deux ans des concours nationaux, accessibles à toutes les prépas de France pour intégrer des écoles d’ingénieurs. Il existe différents concours qui permettent d’intégrer différentes écoles d’ingénieurs, par exemple Polytechnique a son propre concours accessible uniquement aux prépa MP (Maths-Physique) et PC (Physique-Chimie), de même pour les Mines, Centrale … 
L’objectif aujourd’hui n’est pas de détailler les types de prépa qui existent ni les écoles accessibles par ces concours mais de traiter du fond : est-ce que ce système ne serait pas aujourd’hui un peu démodé ?

La « prépa » c’est beaucoup de stress pendant deux ans, beaucoup de compétition, alors heureusement je peux en témoigner, même en prépa on peut se faire des amis et pour ma part j’ai lié de très belles amitiés pendant ces deux années. Mais il n’empêche que la période des concours est un véritable marathon qui se déroule pendant les mois d’Avril et Mai, et tu ne vis que pour ça. On t’apprend que travailler doit passer avant tout. Certains arrêtent le sport, coupent leur vie sociale, on s’appuie sur le fait que ça ne dure que 2 ans mais est-ce que ça en vaut vraiment le coup ?

Une fois que tu as passé les concours, tu as ton classement et celui-ci détermine l’école que tu peux intégrer. Imaginons que tu aies fait une prépa PC, et bien tu peux te retrouver à aller dans une école spécialisée en chimie organique, ou bien dans une école d’électronique : tu ne choisis pas ton école ni ton cursus c’est ton classement qui le détermine. Pour peu que tu ne sois pas très bien classé, tu n’as pas vraiment le choix. Alors tu peux retenter de faire une troisième année, et repasser les concours, mais entre nous, 3 ans sans vie sociale, ça devient très long. Maintenant imaginons que tu aies réussi à intégrer une école d’ingénieurs de niveau moyen, tu arrives à la rentrée, et là tu réalises qu’en fait plein d’étudiants ne viennent pas de prépa. Et bien non en fait car il y a plein d’autres moyens d’intégrer une école d’ingénieurs : les IUT, les BTS, les classes préparatoires intégrées, la FAC… Et tiens toi bien, ils vont être aussi bons que toi voire meilleurs. 
Alors je te laisse aller lire cet article ici qui traite des différentes voies d’accès aux écoles d’ingénieurs qui appuie mon propos avec des chiffres.

Pour ma part, la major de la classe pendant mes trois ans d’école était issue d’un IUT, et est actuellement en thèse. Pourquoi ce ne sont pas les prépas les meilleurs ? Parce que les prépas, pendant 2 ans, ont eu un cursus très généraliste et lorsqu’ils arrivent dans l’école, en ce qui concerne par exemple les mathématiques dans une école de chimie, d’un coup le niveau chute. Par contre concernant les matières dans lesquelles l’école est spécialisée, le niveau monte drastiquement. Et qui sont les mieux préparés à ça : les IUT puisqu’ils sont recrutés dans l’école et dans la formation suivie que s’ils ont suivi un IUT dans le même domaine. De plus, ils ont une longueur d’avance sur toi puisqu’ils ont déjà fait des stages, alors qu’en prépa aucun stage n’est proposé. De plus il y a l’effet fatigue post-prépa, on t’a dit que tu allais galérer pendant 2 ans et puis que l’école d’ingénieurs cela allait être de la rigolade. Alors tu te détends, tu profites de l’intégration, et puis arrivent les examens de Janvier et tu te rétames. Alors que tous les étudiants issus d’IUT, eux, ont la pression d’être face à des étudiants issus de prépa, donc ne t’inquiète pas pour eux car en Janvier ils ont bien plus révisé que toi pour les examens !

Alors on dit que la classe préparatoire te permet de gagner deux ans pour découvrir plus spécifiquement les différents enseignements scientifiques et de pouvoir ainsi faire un choix mais dans la réalité je ne suis pas d’accord : concernant par exemple les écoles d’informatique, on recrute des prépa Maths & Physique ou Maths & Sciences de l’Ingénieur, car il n’existe toujours pas de prépa CPGE avec une spécialité informatique. Depuis 2013, et seulement depuis cette date, un vrai programme d’informatique est proposé avec des notions d’algorithmie et de structures des données dans le tronc commun des filières scientifiques. Le volume horaire d’informatique reste quoi qu’il arrive bien trop faible en comparaison avec les autres matières. Ici vous trouverez une analyse de la place de l’informatique en prépa.  Donc comment savoir si on aime l’informatique alors qu’on ne l’étudie même pas ou à peine ? J’ai pris l’exemple de l’informatique car c’est à mes yeux aujourd’hui celui qui pose le plus de problèmes, mais j’aurais pu citer d’autres domaines : les prépa n’ont pas su évoluer en même temps que les cursus d’école d’ingénieurs et que les métiers auxquels les écoles d’ingénieurs conduisent. 
Je vais quand même revenir sur l’argument de se laisser deux ans supplémentaires pour choisir : sache que repousser l’échéance de deux ans n’est de toute façon pas une bonne idée car c’est à toi de te prendre en main et de te renseigner grâce à notre ami Google sur les différents domaines scientifiques qui existent pour en trouver un qui pourrait te plaire plus que les autres. Attendre la fin des deux années de prépa ce n’est pas repousser le choix, c’est ne pas faire de choix, puisque ton école sera déterminée en fonction de ton classement.

Tandis que si tu te prends en main dès la terminale et que tu arrives à trouver un domaine qui te plait, tu as plutôt intérêt à choisir de suivre une prépa intégrée ou un IUT par exemple. En effet, l’avantage de la prépa intégrée c’est déjà qu’il n’y a pas de concours : Si tu obtiens la note de 10/20 tu passes, pas de quota, puisque la sélection est faite en amont dès ton entrée en première année. De plus, le programme de la prépa intégrée est, c’était le cas pour moi, beaucoup plus cohérent avec celui de l’école d’ingénieurs que tu intégreras en troisième année. Dès la première année, des cours d’humanités sont intégrés exactement sur le même modèle que l’école d’ingénieurs : des cours de géopolitique, d’économie, de communication, de gestion de projet … Tu as également la chance de pouvoir faire des stages dans les laboratoires de ton école par exemple. Et pour ma part, j’y ai reçu un enseignement d’informatique spécifique qui m’a fait découvrir la logique mathématique, coder mes premiers algorithmes, et cela dès la première année, de manière appliquée au domaine que j’avais choisi pour me montrer que l’informatique est aujourd’hui un outil nécessaire et présent partout.

Cependant, que ce soit pour une CPGE ou une classe préparatoire intégrée, si tu souhaites t’arrêter au bout de deux ans, tu n’as aucun diplôme. Tu peux faire des demandes d’équivalence pour retourner à la FAC directement en L2 ou L3, mais tu es obligé de poursuivre en FAC pour avoir un diplôme. Tandis que si tu choisis l’option IUT, alors au bout de deux ans si tu souhaites t’arrêter tu as la possibilité de commencer à travailler car ton diplôme est reconnu. Si tu souhaites poursuivre, tu peux postuler « sur titre », c’est à dire sans concours dans une école d’ingénieurs de ton domaine. De plus en IUT de nombreux stages sont proposés et cela permet de découvrir l’industrie, la recherche, les métiers liés à ton domaine, et de pouvoir savoir si tu souhaites continuer en école ou t’arrêter.

Seul problème dans tout ça : pour intégrer les plus grandes écoles de France telles que Polytechnique, les Mines-Pont, Centrale, Supélec, faire une CPGE est nécessaire. En effet, pour toutes ces écoles, à ma connaissance, il faut passer le concours d’entrée.
Si votre ambition s’arrête uniquement à intégrer une école d’ingénieurs, vous y serez mieux préparés et l’entrée y sera plus facile par un IUT ou une classe préparatoire intégrée.

Dans un prochain article on parlera des écoles d’ingénieurs en alternance,
En attendant je vous laisse réagir à cet article dans les commentaires,
Dans l’attente de vous lire,
Claire

Un nouvel œil sur la réforme du BAC

Un nouvel œil sur la réforme du BAC

On en a entendu parler dans tous les médias, elle est restée floue pendant des mois, mais là maintenant, dans quelques jours, les futurs bacheliers du nouveau « BAC 2021 » rentreront en classe de première « à la carte ». Cela signe la fin des filières L, ES, S que ma génération (Obtention du BAC en 2012, et oui ça remonte !) et celle de mes parents ont connues.

Ma petite sœur rentre en première générale cette année et a donc dû choisir ses spécialités pour l’année prochaine. Elle s’est retrouvée face à pas moins de 12 enseignements de spécialité ! Tous n’étaient pas enseignés dans son lycée, ça a donc permis de faire un premier tri, et puis mes parents l’ont quand même aidée afin qu’elle ne fasse pas un « mauvais choix ». De nombreux jeunes m’ont également demandé des conseils concernant les choix de ces enseignements de spécialité, et c’est donc ainsi que je me suis intéressée à cette réforme.

Quel était l’objectif de cette réforme ?

D’après le ministère de l’éducation, « Le nouveau baccalauréat 2021 redonne au baccalauréat son sens et son utilité avec un examen remusclé et un lycée plus simple, plus à l’écoute des aspirations des lycéens, pour leur donner les moyens de se projeter vers la réussite dans l’enseignement supérieur. » Sur le fond je dis oui, je suis pour l’écoute des lycéens et d’accord pour dire que le BAC que j’ai passé en 2012 ne m’a pas préparée de manière « optimale » à mes études. Mais dans les faits, quels sont les changements mis en place pour atteindre cet objectif ?

Dès la rentrée de seconde, des tests de positionnement en français et en mathématiques sont réalisés, afin que l’équipe enseignante puisse rapidement identifier les lacunes de chaque élève et pouvoir les accompagner dans la réussite de leur année de seconde. Ces tests sont faits sur ordinateur et sont identiques pour tous les élèves de seconde au niveau national. Dans les faits, concernant le lycée de ma petite sœur, elle n’a jamais eu connaissance du score qu’elle a eu mais elle a su que toute sa classe a obtenu une excellente note. Dans le fond je trouve que l’idée est bonne, mais pour qu’un test soit bon il faut à mes yeux que même le meilleur élève de France se trouve face à une difficulté et ainsi on pourra juger au mieux de son niveau. Actuellement, le test n’est à ma connaissance donc pas « dynamique » alors que l’on aurait pu penser proposer à l’élève des questions d’une difficulté supérieure tant que celui-ci répond correctement, à suivre dans les années à venir.
Nouveauté également pour l’année de seconde, 54h dans l’année sont exclusivement dédiées à l’orientation et à l’accompagnement. C’est vraiment intéressant de consacrer autant d’heures à la construction de leur projet d’avenir, mais des échos que j’en ai eus, la totalité de ces heures n’ont malheureusement pas eu lieu dans tous les lycées. Pour aider les élèves à choisir leurs spécialités, les lycées ont souvent proposé en dehors des heures de cours, pour les élèves qui le souhaitaient, des présentations de ces spécialités.  J’espère que dans le futur, l’emploi du temps des élèves inclura spécifiquement des heures dédiées  à l’orientation et au choix des options pour l’année de première, afin que chaque élève reçoive toutes les informations utiles et nécessaires pour choisir ses spécialités. On pourrait imaginer par exemple, des initiations à chaque enseignement de spécialité afin que l’élève puisse avoir une idée plus concrète de ce qui se cache derrière chaque intitulé.
Au cours de l’année de seconde, l’élève doit donc choisir 3 enseignements de spécialité pour son année de première s’il poursuit son lycée en première générale. Ce choix se fait en deux étapes : au second trimestre sélection de 4 à 5 options puis sélection des 3 options parmi ces dernières au troisième trimestre. Pour les voix technologiques, l’organisation actuelle sous forme de séries est conservée, et comporte un socle commun ainsi que 3 options en première puis 2 en terminale, définies en fonction de la série choisie.

En première et en terminale, on retrouve également les 54h par année dédiées à l’orientation et à l’accompagnement. J’espère que celles-ci seront dispensées et qu’elles permettront de proposer aux lycéens les différents parcours qui s’offrent à eux en fonction des enseignements de spécialité qu’ils ont choisis selon leurs affinités avec les matières.

Concernant les épreuves du nouveau BAC, il y a également un réel changement. Le mot « bachotage » ne va bientôt plus avoir de sens puisque le contrôle continu va compter pour 40% de la note finale. Les bulletins de notes de première et de terminale comptent alors pour 10% de ce contrôle continu, et 30% correspondent à 2 sessions en première et 1 session en terminale d’épreuves communes qui concernent les disciplines non évaluées lors de l’épreuve finale et la discipline de spécialité non poursuivie en terminale. Les sujets de ces épreuves communes sont issus d’une banque de sujets nationale et seront corrigés tout comme l’était le BAC de manière anonyme. J’espère seulement que ces copies ne seront pas corrigées par les professeurs du lycée des élèves mais que comme pour le BAC elles seront envoyées à l’extérieur.
Les 60% restants concernent bien des épreuves comme on les connaissait avant avec toujours en première l’épreuve anticipée de Français en fin d’année composée d’un oral et d’un écrit qui sera coefficient 10. En fin d’année de terminale, il restera 4 épreuves là où l’ancien BAC en comportait le double voir plus : les deux enseignements de spécialité qui seront coefficient 16 chacun, l’épreuve de philosophie qui est conservée avec un coefficient 8 et un « grand oral » de 20 minutes coefficient 10 qui sera un projet préparé dès la classe de première.
Ce que je comprends c’est que l’on va arrêter de noter les élèves sur une semaine de leur vie, mais plutôt sur leur implication tout au long de leur scolarité. Je trouve que cela est un changement très audacieux et plutôt positif car cela permet d’avoir une réelle idée du niveau de l’élève et de sa motivation là où auparavant un élève pouvait se la couler douce pendant 2 ans et bachoter à la dernière minute. On sait très bien que le bachotage 15 jours avant les examens ne permet pas un apprentissage des notions qui dure dans le temps, et prépare encore moins à la poursuite d’études.

Ce que j’en pense ?

Ce changement est conséquent, mais nécessaire. Je trouve ça vraiment génial d’enfin laisser tomber ce système de filières L, ES, S. Parce qu’au fond comment ça fonctionnait avant ? Les bons élèves allaient en S, les un peu moins bons en ES, et ceux qui étaient vus comme des artistes perdus allaient en L. En tout cas, c’était ainsi que la société souhaitait nous le faire ressentir. On te disait, si tu es bon, choisis la voie royale et va en S, tu pourras tout faire. Le problème est que notre société sacralise l’enseignement scientifique comme s’il était le seul à avoir de la valeur. Alors, j’aimerais que l’on arrête de mettre les scientifiques, dont je fais partie, sur un piédestal. Qu’enfin on reconnaisse qu’il est plus important dans le monde actuel de savoir correctement écrire français, de s’exprimer avec aisance à l’oral, de parler anglais, de connaître l’histoire de notre pays, de l’Europe, mais également du monde entier dans lequel on vit car le socle commun du BAC général doit avant tout donner les bases culturelles nécessaires pour une future vie citoyenne ainsi que pour une future carrière professionnelle.

Ce qui dérange réellement et qui est beaucoup revenu sur les forums d’échanges entre parents est que les mathématiques ne soient plus enseignées dans le tronc commun. A la place, on y trouve un « enseignement scientifique » qui permettra de « familiariser les élèves avec les processus de construction de la vérité scientifique » en d’autres termes de leurs apprendre à avoir une démarche scientifique. A mes yeux, c’est très utile d’apprendre cette méthode de raisonnement, même à des élèves dont leur choix est de continuer vers des études littéraires car cela s’apparente à du « bon sens » utile à tous.
Rassurez-vous, 2/3 des bacheliers de la promo 2021 ont conservé les mathématiques dans leur enseignement de spécialité, et le contenu du programme s’annonce plutôt corsé. En effet, le niveau de mathématiques va au contraire augmenter, ce qui est à mon sens bien venu car le gap de niveau actuel entre la terminale S et une classe préparatoire scientifique est immense. Juste derrière les mathématiques, la physique-chimie a été choisie par 43,5% des élèves et les Sciences de la Vie et de la Terre par 42,2%. Beaucoup d’élèves ont donc pour le moment tenté de reconstruire un BAC S. Avec le temps, il est possible que ce besoin de se rattacher à la filière S s’estompe, et que l’on puisse enfin tenter des BAC un peu plus exotiques, et finalement peut-être plus complets avec par exemple une combinaison Physique-Chimie, SES, Littérature et culture étrangère ?

Je ne pense pas qu’il y ait de mauvaises combinaisons d’options, je pense surtout qu’il est important de se renseigner sur le contenu de ces enseignements de spécialité afin d’être le mieux armé face à ces choix. Mais il faut surtout le voir comme une chance, une possibilité de choisir non pas entre trois filières mais parmi une multitude de combinaisons possibles. Ce qui est positif c’est que finalement, près d’un élève sur deux a choisi une combinaison s’éloignant des filières générales L, ES, S, et c’est déjà un grand pas puisque cela signifie qu’un élève sur deux, au moins, s’est réellement interrogé sur ce qu’il aime apprendre. Le fait de choisir ces enseignements de spécialité dès la seconde, soit à l’âge de 15 ans en moyenne, affole bien des parents d’élèves qui trouvent cela beaucoup trop tôt pour décider de l’avenir de leur enfant. Alors j’aimerais comprendre en quoi choisir 3 spécialités d’enseignement est plus contraignant que de choisir une série. D’autant plus que désormais on peut faire un BAC « à la carte », c’est bien l’objectif de la réforme, et donc finalement se laisser le maximum de portes ouvertes en choisissant des enseignements à la fois littéraires et scientifiques permettant ainsi une formation moins connotée littéraire ou scientifique pur.

Ce qui m’inquiète c’est surtout que tous les lycées ne soient pas en mesure de proposer toutes les options et que donc on se retrouve finalement de nouveau avec une filière scientifique élitiste. Par ailleurs, je serai intéressée de voir s’il est toujours possible de passer le BAC en candidat libre car la présence du contrôle continu semble bloquer cette possibilité. Et ce grand oral m’intrigue, j’espère qu’il permettra d’évaluer les élèves sur leur capacité à communiquer, à s’exprimer car il est évident que ce type d’épreuve orale manquait à l’ancien BAC. Aujourd’hui, dans quasi toutes les professions il est important de savoir s’exprimer en public. Or, même parmi des ingénieurs, et j’en parle par expérience, rares sont ceux qui ne rencontrent pas de difficultés lors de cet exercice. Enfin, j’espère que les professeurs auront reçu les formations nécessaires afin de préparer au mieux l’arrivée de cette réforme. De nouvelles matières, de nouveaux programmes, une nouvelle façon de fonctionner, il est important que les professeurs soient accompagnés dans ce changement.

Pour ma part, je suis donc plutôt enthousiaste à l’idée de cette réforme, certes il y a encore du travail mais on se dirige vers quelque chose de plus adapté au monde actuel et c’est vraiment encourageant. 🙂

Si vous souhaitez en savoir plus, voici quelques liens utiles qui m’ont bien aidée dans mes recherches :
Le site de l’éducation nationale,
Le site de l’ONISEP,
La brochure résumant le contenu du nouveau BAC,
Le site de l’étudiant : Celui-ci propose une simulation des spécialités à choisir en fonction des études que l’on souhaite poursuivre. Pour ma part je trouve que c’est prendre le problème à l’envers et je conseillerai plutôt de choisir ses spécialités selon ses goûts et d’utiliser l’outil plutôt à titre indicatif des poursuites d’études en lien avec les spécialités choisies,
– Les chiffres concernant les choix des enseignements de spécialités que j’ai cités précédemment sont issus d’un article publié par le CIDJ.

J’espère que cet article carrément dans le thème de la rentrée aura pu vous éclairer concernant le BAC 2021,
N’hésitez pas à échanger vos points de vue sur cette réforme,
Dans l’attente de vous lire,
Claire

Education – Première réflexion

Education – Première réflexion

Je me suis toujours beaucoup intéressée à l’éducation. C’est un domaine qui dans les années à venir, j’en suis persuadée, va être amené à énormément évoluer.

Je suis tombée dedans lorsque j’ai commencé à donner des cours particuliers, de mathématiques et de physique-chimie. Je n’avais pas encore 20 ans, mais déjà sans m’en rendre compte je testais des méthodes pédagogiques sur mes élèves. C’est bien grâce à cette expérience, et grâce aux différents élèves auxquels j’ai pu enseigner, que j’ai compris qu’aujourd’hui l’éducation doit s’adapter à l’élève et non l’inverse.

Quelques années plus tard j’ai rencontré un garçon qui partageait mon point de vue. Il avait déjà en tête de créer sa start-up dans ce domaine. Le sujet me passionnait, je l’appréciais, je me suis retrouvée propulsée au milieu de ce projet. Très rapidement j’ai compris que nous n’allions pas aboutir ensemble. Nos caractères ne fonctionnaient pas. J’ai toujours été une leadeuse dans l’âme, et le projet n’était pas né dans mon esprit mais dans celui de mon ami et je sais que son ego n’acceptait pas de me voir à la tête de « son » entreprise. Sans faire de bruit, j’ai donc quitté le projet et continué de mon côté. Depuis, l’idée a beaucoup mûri dans mon esprit et j’ai une vision des choses toute autre que celle de l’époque. Nous souhaitions arriver à créer un algorithme qui nous permettrait de déterminer le profil de l’élève et faire de même pour les coach/professeurs particuliers, à partir de données obtenues par des questionnaires. L’objectif était de permettre un matching parfait et du premier coup entre l’élève et le coach. L’intuition était bonne. A la lecture des réponses des élèves nous arrivions sans trop de difficulté à faire des matching. Le véritable problème était l’automatisation des analyses des questionnaires. Nous avons cherché à déterminer des « étiquettes » permettant de déterminer les profils des élèves et des professeurs. La tache était laborieuse. Des étiquettes/paramètres restaient corrélés, il était très difficile de répondre à cette question : quels sont les facteurs qui déterminent le profil d’un élève ou d’un coach ? Quels sont les paramètres qui font qu’ils sont faits pour être ensemble ? 

Une première étape dans notre matching était simple et efficace, il s’agissait de matcher sur le type de mémoire : les trois types de mémoires reconnus ce jour sont la mémoire visuelle, la mémoire auditive et la mémoire kinesthésique. Apprends-tu grâce à des schémas, en récitant à voix haute, ou en faisant par toi même un exercice ? Nous cherchions à rapprocher les élèves des coachs ayant des profils de mémoires similaires au leur. Mais ensuite on s’attaquait au matching basé sur la personnalité. Les études des différentes dimensions de la personnalité sont encore aujourd’hui très minces. Nombreuses de mes lectures se sont orientées vers la psychologie et elles m’ont finalement amenée à une lecture sur la théorie des profils émotionnels du Pr. Richard Davidson.

J’ai trouvé ses études et sa théorie passionnantes. Ses recherches sur le cerveau et les émotions l’ont amené à considérer les styles émotionnels des Hommes (au sens large) comme une combinaison unique de six dimensions. Je vais tenter de les décrire à ma manière de la meilleure façon possible. 

La résilience : il s’agit de la capacité d’un individu à refaire surface après avoir touché le fond. Un individu ayant une faible résilience aura tendance à creuser encore plus lorsqu’il aura touché le fond, tandis qu’un individu ayant une forte résilience passera rapidement à la suite.

La perspective : cela correspond au trait de caractère départageant les individus ayant tendance à voir le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. Les positifs et les négatifs. 

L’intuition sociale : cela correspond à une capacité à comprendre la communication non verbale que ce soit le ton de la voix ou le langage corporel. Les individus ayant une forte intuition sociale sont plus sensibles aux signaux faibles.

La conscience de soi : cette capacité découle d’un travail d’introspection assez poussé pour pouvoir être conscient de ses propres émotions, de ses pensées, des messages que notre corps nous envoie.

La sensibilité au contexte : être conscient de l’existence des normes sociales pour ne pas avoir une comportement « déplacé ». Par exemple, se retenir de lancer une blague graveleuse lors de la signature d’un contrat important pour votre société.

L’attention : être capable de faire abstraction d’une interférence émotionnelle pour rester concentré.

Chaque individu possède un « score » pour chacune des dimensions et c’est l’existence d’une multitude de combinaisons qui fait que chaque style émotionnel est unique. Alors quel est le lien avec l’éducation ?

Cette thèse concernant les 6 dimensions des styles émotionnels peut être la clé de notre problème. Reste encore à déterminer s’il est réellement intéressant de faire matcher des élèves/coachs ayant le même profil émotionnel. Mettre deux personnes négatives à faible résilience ne donnera certainement rien de bon. Le mot clé qui revenait souvent lors de nos réflexions était le mot motivation. Il est très difficile de comprendre les clés de la motivation de chacun. Cela dépend de tellement de paramètres qu’il est vraiment très difficile de les déterminer.

Dans le milieu professionnel, on sait que c’est tout autant problématique. Si c’était si facile, le travail des RH serait grandement facilité. De nombreuses erreurs de recrutement sont faites chaque jour parce que la motivation de l’individu n’a pas été comprise. Parfois d’ailleurs, je me demande si les recruteurs se posent les bonnes questions.

Quand je relis ce que je viens d’écrire, je réalise à quel point notre projet était brouillon et complexe. Je ne regrette en rien l’année que j’ai passée à m’impliquer dans ce projet, c’était très enrichissant et j’ai appris énormément de choses. Cependant, je ne regrette pas non plus de l’avoir quitté car nos opinions divergeaient sur la direction à prendre. J’aurais aimé que nous nous penchions sur la possibilité d’utiliser un réseau de neurones et l’intelligence artificielle pour analyser les questionnaires mais ce n’était pas la manière dont mon ami abordait le problème.

Quoi qu’il en soit, pour le futur, il est nécessaire aujourd’hui de considérer la « personnalité » d’un enfant ou d’un élève au sens large afin d’adapter sa méthode d’éducation. Nous sommes tous différents, nous apprenons tous d’une manière différente. Aujourd’hui nous faisons des progrès incroyables dans le domaine des neurosciences et de l’étude de l’ADN, et j’espère que ces études serviront un jour à chaque être humain pour devenir une meilleure version de lui-même.

Dans l’attente de vous lire, 

Claire

Qu’apprend-on vraiment en école d’ingénieurs ?

Qu’apprend-on vraiment en école d’ingénieurs ?

Je viens de lire un article issu du magazine Le Monde s’attaquant aux enseignements dispensés en école d’ingénieur de nos jours. Dans cet article plusieurs dimensions ont été abordées telles que la place des jeunes femmes dans les écoles, l’importance que prend le sujet de l’écologie et du développement durable, ainsi que l’enseignement des « soft skills » très appréciées par les grandes entreprises.

Tout d’abord, il faut savoir que très récemment encore je suis tombée en désaccord avec un de mes supérieurs concernant le rôle d’un ingénieur dans une entreprise. De mon point de vue, un  ou une ingénieur(e) est une personne capable de proposer des solutions à un problème, quelque soit le domaine technique considéré car il est doué d’auto-formation. Cette notion de capacité à aller chercher l’information en autonomie est aujourd’hui très peu partagée alors qu’elle me semble essentielle. Nous sommes dans un monde où tout bouge, très vite, et cette capacité rejoint celle de la capacité d’adaptation. Aujourd’hui on attend d’un ingénieur qu’il soit capable d’anticiper les changements et de s’y préparer. Je dirais même qu’on attend de lui qu’il soit le changement.

Bien trop d’ingénieurs dans l’entreprise à mon sens sont aujourd’hui des « techniciens de luxe ». En tout cas c’est le titre que je m’amuse à leurs donner. Ils sont payés comme un ingénieur, mais ne font qu’exécuter des procédures et tâches récurrentes qui à aucun moment ne font appel à leur ingéniosité.

Les jeunes interviewés dans cet article ne poussaient pas la réflexion aussi loin, une jeune fille expliquait simplement que lorsque l’on était doué en mathématiques en terminale S, la classe préparatoire et l’école d’ingénieur était la voie « normale », et je pense que c’est bien cette idée qui conduit à former des techniciens de luxe. On fait ingénieur parce que c’est « normal », par défaut, mais ça ne devrait pas être le cas. À l’issue de la classe préparatoire, on fait tout pour obtenir la meilleure école, être la mieux « classée », sans même se demander quel domaine nous attire le plus. Il y a tant d’écoles, avec tant de spécialisations différentes, qu’il paraît urgent de revoir ce processus de sélection. La clé de la formation d’ingénieurs de qualité est de trouver des élèves motivés. Pour cela ils faut que la thématique leurs plaise. Aujourd’hui on finit dans une école, sans même savoir ce que l’on vient y apprendre.

Concernant le développement durable, j’ai de plus en plus l’impression que nous baignons tous dans un grand bain d’hypocrisie en ce qui concerne ce sujet. Moi-même diplômée d’école d’ingénieur avec une spécialité matériaux pour l’énergie, et un bagage dans le domaine des énergies renouvelables, j’ai finalement suivi la voie « classique » et j’ai été embauchée à ma sortie d’école dans l’une des plus grandes industries nucléaires mondiales. Pour avoir vu ce qui s’y passe, si l’état perdait moins d’argent à payer des techniciens de luxe dans ces grands groupes, peut-être que l’on pourrait voir des avancées dans le domaine des énergies renouvelables. Par ailleurs, les étudiants interviewés reprochaient aux écoles d’ingénieurs de rester trop vagues sur le sujet. Il faut prendre conscience, que l’école n’est là que pour nous donner une sorte d’état d’avancement des sujets avant que nous ayons à les considérer en entreprise : s’ils restent si vagues, et je sais que c’est réellement le cas, c’est bien parce que tout reste à découvrir ! La marge de progression dans ce domaine est immense. Une seconde raison est que les grands groupes français ne font pas dans le développement durable, ceux qui financent nos écoles font du nucléaire, pas des éoliennes. Il est important de garder ce regard critique sur les enseignements que nous recevons. On nous y apprend que ce que l’on veut que nous sachions faire à la sortie.

Enfin les « soft skills »… Que dire… Certes au cours de notre cursus nous devons suivre des enseignements tels que la gestion de projet, la communication, l’économie, mais finalement ces cours sont vus d’un très mauvais œil par les étudiants. Ces derniers sont souvent séchés car les étudiants n’ont juste pas conscience de leur importance. Ils ne sont pas appréciés, et comme il est très facile même sans y participer d’assurer les points pour que ça ne soit pas handicapant pour le passage dans la niveau supérieur, les amphis y sont souvent vides.

Il serait donc fort hypocrite de dire que nous y développions quelque soft skills quelle qu’elle soit. Nombreux sont les ingénieurs qui sortent d’école sans savoir par exemple présenter leur travail devant un auditoire. Et ce n’est qu’un exemple.

J’ai pour ma part, en parallèle de mon école d’ingénieur suivi un Institut d’Administration des Entreprises, et je dois dire qu’en comparaison, les cours qui m’y étaient dispensés étaient d’une qualité bien supérieure puisque l’école est spécialisée dans ce domaine. A vouloir en faire trop on fini par le faire mal. Laissons donc l’école d’ingénieur nous enseigner la technique, nous montrer qu’il existe bien d’autres domaines tout aussi intéressants, mais arrêtons de dire que l’école d’ingénieur nous donne un bagage de sciences comportementales.

Ce qui finalement distinguera l’ingénieur de demain sera justement sa capacité à développer d’autres formes d’intelligence, à pouvoir manager, à s’intéresser à des sujets très divers et continuer à se former tout au long de sa vie.

Tout cela ne dépend donc que de lui, de sa motivation et de sa persévérance. Les femmes restent encore en très faible nombre dans ce milieu, l’article souligne ce point et c’est une réalité. Il y est également souligné le sexisme qui y est omniprésent et c’est également une réalité. En ce qui me concerne, je compte bien me battre pour légitimer ma place dans ce milieu. Et pas en tant que technicienne de luxe bien sûr. 😉

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