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Ikigai – réflexion personnelle

Ikigai – réflexion personnelle

Pendant plusieurs mois, j’ai occupé un poste qui me demandait chaque jour un peu plus d’agir en tant que responsable d’équipe. Ce rôle je l’ai obtenu petit à petit … de plus en plus de missions m’ont été confiées, qui m’ont donc amenée à réaliser les tâches d’un manager. Cela m’a plu, j’ai un leadership naturel, une facilité à m’exprimer et une certaine appétence pour l’organisation et la planification. Finalement l’équipe m’a mise à la place où je devais être naturellement.

J’ai obtenu ma légitimé par l’action et non par la nomination.

Mon responsable hiérarchique lui-même voyait en moi un énorme potentiel et était vraiment heureux du travail que je produisais.
Sauf que, j’ai pris la place de quelqu’un. Et ce n’est pas dans mon caractère d’écraser les autres. J’ai donc très rapidement mis un frein à cette évolution en faisant part à mon manager de mon inquiétude à son sujet.
J’ai essayé, de moi-même de le former au rôle que je jouais, j’ai passé plusieurs heures par jour, pendant plusieurs mois, à lui expliquer ce qu’il devait faire à son poste, mais j’ai fini par abandonner. Je pense que c’était ce jour où il m’a confié qu’il avait accepté ce poste pour les mauvaises raisons et que faire des plannings, encadrer une équipe, il détestait ça et que tant que j’étais là alors il ne voyait pas de raisons pour lesquelles il ferait son travail.
Pourquoi aurait-il dû réagir ? Parce que j’assumais le travail de plusieurs personnes chaque jour, que mes horaires étaient de plus en plus conséquents, et que face à la qualité de travail attendue on avait besoin de lui à son poste.
Je pense que c’est ce jour-là que j’ai décidé de partir : le jour où j’ai compris que tant que je serai là rien ne changerait.

La vraie question est comment en suis-je arrivée là : la réponse est simple, parce que l’équipe en avait besoin. Il n’y avait pas d’organisation particulière avant mon arrivée. Il n’y avait pas de vue d’ensemble ou de stratégie. La connaissance elle-même n’était pas tracée. La première action que j’ai menée à mon arrivée a été de m’autoformer. J’aime apprendre. On m’a laissé deux semaines en quasi totale autonomie. J’ai donc eu le temps d’analyser l’équipe, l’organisation, de chercher la connaissance ainsi que d’écrire les documents de spécifications techniques et fonctionnelles. Il se trouve que je travaillais dans une équipe en charge de 2 applications. Pour aucune d’entre elles, la connaissance commune de l’équipe n’était tracée dans aucun document. J’ai donc rédigé le « wiki », aujourd’hui référence pour toutes les problématiques que nous rencontrons ainsi que pour les solutions/procédures connues pour les résoudre.
Cela semble couler de source, mais finalement je me rends compte autour de moi que ce n’est pas le cas. Encore une fois, j’ai été déçue de ce que j’ai vu.

Finalement j’ai poussé plus loin la réflexion et j’ai cherché ce qui faisait en moi que je me suis retrouvée dans cette situation. J’ai donc fait depuis quelques semaines un travail d’introspection et je pense pouvoir dire que c’est ma personnalité, mes valeurs, mes compétences qui ne sont pas adaptées à ce type de poste. Naturellement, lorsque j’arrive dans une équipe, je m’intègre et m’adapte très rapidement. Je parviens également en quelques heures seulement à analyser chaque personne pour déterminer la place qu’elle occupe en son sein. J’ai également une certaine facilité à fédérer une équipe, ce qui me vient peut-être de mon expérience dans le milieu sportif. Ma proactivité m’amène alors à aller encore plus loin que les tâches qui m’incombent réellement. Je pousse à l’amélioration continue avec comme nul autre objectif d’aider l’équipe dans son travail quotidien et permettre de manière générale à atteindre nos objectifs communs. Cependant, de par mon dépassement permanent et mon implication aussi forte dans l’entreprise, je suis un virus pour l’équipe. Pourquoi ? Simplement parce qu’à cause de moi, certains de mes collègues peuvent être amenés à se sentir incompétents, peuvent être découragés, et alors ne plus chercher à assumer leur taches puisqu’ils savent que quoi qu’il arrive, je serai là pour les faire.
Je ne suis pas adaptée à la société. Je suis en marge, et j’en suis bien plus heureuse depuis que j’en ai conscience.
La seule solution que j’ai pour réussir à rester à un poste, est de ne pas faire de vagues et de me contenter de faire le travail que l’on me demande. Malheureusement je n’en suis pas capable, et c’est pour cela que je ne pense plus pouvoir travailler en entreprise.

La semaine dernière je te disais qu’il était important de comprendre ses valeurs & ses talents pour déterminer vers quel type de métier s’orienter. Je t’annonce donc que j’ai trouvé mon Ikigai. Si je devais le synthétiser en quelques lignes cela donnerait ça …

J’aime aider les autres, je suis une personne très empathique mais également intuitive et créative. J’ai besoin de me sentir utile. Je possède un leadership naturel qui me permet de facilement fédérer une équipe.
J’ai besoin de connaître personnellement les membres de mon équipe afin de comprendre leurs besoins et les aider à s’épanouir. Je suis très proactive et autonome. Cette réflexion m’amène à penser que je m’épanouirai bien plus dans une équipe de petite taille où la proactivité est valorisée et dans laquelle ma mission quotidienne serait d’accompagner les gens dans leur épanouissement.
Ce poste est en accord avec mes valeurs, fait appel à mes compétences et mes talents, et le monde en a besoin. Je vais réussir à être rémunérée pour ça. 😊

Cette réflexion a plus que confirmé mon projet entrepreneurial sur lequel je travaille chaque jour. J’ai vraiment hâte de te parler de tout ce qui arrive !
Tu remarqueras déjà que désormais ce site a changé d’adresse et se nomme Bright Future. (Oui oui, je n’en suis pas peu fière ! 😉 )

Je t’invite également à me suivre sur mon compte Instagram @clairebrightfuture afin de suivre les publications de mes articles ainsi que les événements à venir !

Je t’invite à réaliser le même travail que moi, à trouver ta raison d’être et à tout me raconter dans les commentaires,
Dans l’attente de te lire,
Claire

Ikigai – Trouver sa raison d’être

Ikigai – Trouver sa raison d’être

Chaque jour, j’entends une personne de mon entourage se plaindre de sa situation. Il se sent démotivé, il ne se sent pas à sa place que ce soit dans ses études ou dans son job. Il ne sait pas s’il ne devrait pas radicalement tout changer du jour au lendemain. Il me dit qu’il réalise qu’il n’est pas pleinement épanoui dans ce qu’il fait mais qu’il ne sait pas du tout vers quelles études ou quel métier se tourner ! (Oui oui je t’assure, au moins une fois par jour j’entends ça !)

Reconnaître que nous ne nous sentons pas bien dans notre quotidien malgré l’absence apparente de problème est un premier pas vers le changement.

Maintenant, comment savoir le chemin à suivre ?

Il y a quelques semaines, j’ai entendu parler de l’Ikagai, une méthode japonaise pour aider à la prise de décision. Cette méthode permettrait de trouver sa « raison d’être ». La « raison d’être » ou « raison de vivre » c’est simplement définir pourquoi tu te lèves le matin.

  • Est-ce pour pouvoir aller à ton cours de sport à 18h ?
  • Est-ce pour aller retrouver tes amis ?
  • Ou est-ce simplement parce que des gens comptent sur toi ?

L’Ikagai est là pour t’aider à définir ce qui te rend heureux. Elle permet de faire sens entre tes objectifs personnels et professionnels. Il s’agit donc de répondre à seulement 4 questions :

  • Qu’est-ce que tu aimes ? A mes yeux cette question rejoint celle de la définition de tes valeurs. Le professeur Shalom H. Schmartz et ses collègues ont identifié 19 valeurs fondamentales. De nombreux tests en ligne permettent également de découvrir ses valeurs. Je t’invite à faire celui-ci que j’ai beaucoup apprécié et que j’ai trouvé pour ma part très bien refléter mon profil ! 🙂
Les 19 valeurs fondamentales selon Shalom H. Schmartz
  • Quel est ton talent ? Tu as forcément quelque chose dans lequel tu es doué. Il faut chercher dans son quotidien les petites remarques de son entourage comme « Wahou tu dessines si bien ! » ou « Wahou mais tu as si bien organisé cette soirée ! » …. Bref, des talents tout le monde en a au moins un, j’aurais tendance à conseiller de multiplier ses expériences, accepter le maximum d’opportunités afin de pouvoir les découvrir ! 🙂
  • De quoi le monde a besoin ? En gardant en tête les réponses apportées aux questions précédentes, il faut trouver un problème, si possible que tout le monde rencontre dans sa vie (là c’est l’idéal !) et que tu aimerais résoudre et dans lequel tu as un talent naturel. Alors bien sûr répondre à cette question ne se fait pas en quelques secondes. Cela nécessite une réflexion sur le long terme. Si tu ne te sens pas l’âme d’un entrepreneur, alors peut-être que la solution pour toi est simplement de chercher des entreprises dont les valeurs correspondent à celles que tu as déterminées à l’étape une et qui proposent un poste dans lequel tu pourras exprimer ton talent ! 🙂
  • Enfin, qu’est-ce qui va te permettre de gagner de la thune ? Alors si les trois points précédents ont été validés et que tu ne parviens pas à être payé c’est que tu es un loooooser 😉
    Ou alors que tu as besoin de confiance en toi pour devenir une entrepreneure badass et que venir participer au bootcamp Heroyn pourrait t’être d’une très grande aide ! 😄

Ce qu’il faut retenir de cet outil c’est bien que les 4 dimensions sont complémentaires et nécessaires. J’aurais cependant tendance, pour faciliter ta quête d’avenir, à te conseiller de répondre aux questions dans l’ordre que j’ai proposé. Trouver ce que l’on aime, reste un prérequis à toute réflexion, que ce soit lors de son choix d’orientation scolaire ou professionnel. Malheureusement, ce n’est actuellement pas la première question que l’on se pose, et j’aurai presque tendance à dire que nombreux sont ceux qui commencent par chercher une voie qui est « bien payée ». 😛

Maintenant, à toi de trouver ton Ikigai ! 😄

Je te laisse me raconter tout ça dans les commentaires,
Dans l’attente de te lire,
Claire

Qu’est-ce que la réussite ?

Qu’est-ce que la réussite ?

C’est un concept qui est aujourd’hui beaucoup trop souvent associé au prestige. Mes parents pensent que j’ai « réussi dans la vie » parce que j’ai eu mon diplôme d’ingénieur et un CDI à 22 ans. Et moi, depuis que j’ai atteint ce but ultime aux yeux de mes parents, je commence enfin à me poser les bonnes questions.
Jusque là ce qui m’inquiétait le plus était qu’ils soient fiers de moi. Aujourd’hui, je souhaite juste être heureuse, et mon bonheur même s’il est dépendant du leur, résulte avant tout de mon quotidien.
Aujourd’hui, j’ai 24 ans, j’ai tenu 2 ans en tant qu’employée, et j’ai décidé que c’était fini. J’ai essayé de me battre, je me suis vraiment donnée, mais je m’ennuie, ça ne va pas assez vite, il y a trop de process, je suis fatiguée mentalement de cet état d’inertie.

« Tu ne peux pas avoir mon intelligence et ma soumission »

Cette phrase vient des podcasts de l’Ascenseur corpo. Elle énonce une vérité que les entreprises d’aujourd’hui n’ont pas comprise : si tu souhaites être en mesure d’encadrer des ingénieurs avec une certaine « ingéniosité », il est nécessaire de leurs laisser cette marge de manœuvre afin qu’ils puissent exposer leur vision.
Aujourd’hui, on ne nous laisse pas la place pour nous exprimer, on ne nous demande que d’exécuter. Cela rejoint mon article dans lequel je dénonce l’émergence d’un nouveau statut que j’appelle « technicien de luxe ». Ce n’est pas péjoratif, c’est uniquement une façon de qualifier les ingénieurs ayant un poste de techniciens avec un salaire de cadre.
Alors heureusement pour moi, en parallèle de mes deux premières expériences j’ai continué à apprendre plein de choses passionnantes. Je suis devenue coach de volley-ball, développeuse en informatique en partant d’un cursus d’ingénieur en matériaux, et même actuellement entrepreneuse. Je suis ce que l’on peut appelée une « slasheuse ».
Pourquoi je suis devenue tout ça à la fois ? Tout simplement parce que je ne me vois pas du tout avoir une carrière toute tracée et faire le même job jusqu’à ma retraite. Et je pense vraiment que nous sommes de plus en plus nombreux à avoir cette envie de non-linéarité. Je n’ai pas de plan de carrière prédéfini, j’essaye juste de suivre mes passions du moment, de saisir les opportunités qui se présentent à moi, tout en essayant d’apprendre chaque jour de nouvelles choses.
Dans le monde du travail actuel, on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. Les compétences que tu devras utiliser dans ton job dans 20 ans n’existent peut-être même pas encore aujourd’hui !
Quand on y pense, il y a 20 ans, Instagram, Linkedin, WordPress, n’étaient pas encore nés, c’était déjà très bien de savoir utiliser Word et Excel. Alors c’est très difficile pour les écoles de former sur des technologies parce qu’au fond ça évolue trop vite…

La clé réside donc bien dans le fait d’être capable de s’adapter, de rester à l’affût des nouveautés et donc d’être capable de s’auto-former tout au long de sa vie. La meilleure école aujourd’hui ce n’est donc pas celle qui va t’apprendre à utiliser le dernier framework à la mode qui sera has-been d’ici quelques mois, mais plutôt celle qui va t’apprendre l’autonomie, l’auto-apprentissage et t’inculquer des méthodes te permettant au mieux d’évoluer tout au long de ta vie. 
Aujourd’hui en France, les chiffres sont clairs, 54 % des Français se disent démotivés et désengagés au travail. Comment peut-on observer cela sans souhaiter faire changer les choses alors que nous savons pertinemment que la clé de la productivité reste la motivation des employés ?

« En quoi consiste l’aliénation du travail ?

D’abord dans le fait que le travail est extérieur à l’ouvrier, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas à son essence, que donc, dans le travail, celui-ci ne s’affirme pas, mais se nie, ne se sent pas à l’aise, mais malheureux, ne déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit.
En conséquence, l’ouvrier n’a le sentiment d’être auprès de lui-même qu’en dehors du travail, et, dans le travail, il se sent en dehors de soi. Il est comme chez lui quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il ne se sent pas chez lui. Son travail n’est donc pas volontaire, mais contraint : c’est du travail forcé. Il n’est pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste. Le travail extérieur, le travail dans lequel l’homme s’aliène, est un travail de sacrifice de soi, de mortification. Enfin, le caractère extérieur à l’ouvrier du travail apparaît dans le fait qu’il n’est pas son bien propre, mais celui d’un autre qu’il ne lui appartient pas lui-même mais appartient à un autre… L’activité de l’ouvrier n’est pas son activité propre. Elle appartient à un autre. elle est la perte de soi-même ».

Marx, Manuscrits de 1844.


Karl Marx, dès 1844 avait conscience qu’il était nécessaire qu’un ouvrier se reconnaisse dans son travail.
De mon point de vue, le monde de l’entreprise actuel est en train de vivre une véritable transition. On voit deux catégories d’entreprises se différencier : les grands groupes VS les startups avec le mode « Google ». 
Les grands groupes sont toujours bloqués avec une mentalité d’aliénation du travail. Quand on interroge leurs employés, on réalise que leur travail est avant tout alimentaire. Ils aimeraient bien faire autre chose mais ils ont actuellement une situation qui leurs permet de gagner un salaire confortable sans faire des horaires excessifs, ils ont même parfois gagné une journée de télétravail dans la semaine : ils s’en contentent. Mon papa me dit souvent « La grenouille dans la rivière, ne connaît pas l’océan » et je pense que c’est la plus belle citation qui permet d’illustrer cette image : les employés des grands groupes ne réalisent pas les conditions de travail auxquelles ils pourraient accéder dans de plus petites structures.
Le mode « startup » ce n’est pas, comme les gens le croient, chercher à faire bosser les employés le plus de temps possible. C’est avant tout leurs permettre d’avoir un réel impact dans l’entreprise, les impliquer à 200%. Et cela passe par des open-spaces décorés avec du mobilier approprié pour favoriser la créativité, une prise en compte de la vie privée des salariés et de leurs contraintes, une confiance en eux pour leurs permettre de s’auto-gérer. 
Un ami m’a fait une magnifique métaphore : je lui expliquais que j’étais incapable de ne pas être à 200% engagée dans mon travail sinon je ne parviens pas à mettre suffisamment de bonne volonté et ma productivité chute drastiquement. Il m’a dit que c’était normal, que c’est exactement comme si on te demande de faire du lèche-vitrine, mais qu’à aucun moment tu n’as le droit de rentrer dans la boutique pour toucher, essayer les vêtements.
Et bien moi je vis mon job exactement de la même façon : si tu ne m’impliques pas à 200% dans ton processus de création alors je ne serais pas en mesure de donner le meilleur de moi-même. Encore une fois, « tu ne peux pas avoir mon intelligence et ma soumission ».
Les grands groupes, faute de changement et d’innovation, vont donc je le crois perdre en popularité dans les années à venir. Je pense que nous sommes réellement sur le point d’observer une « révolution » du monde du travail. Et j’espère que face à tous ces changements, les écoles sauront évoluer et s’adapter.

Je vous laisse me donner vos points de vue dans les commentaires,
Dans l’attente de vous lire,
Claire

J’ai participé à un Startup Weekend !

J’ai participé à un Startup Weekend !

Il y a une semaine j’ai participé à mon tout premier startup weekend ! Et cette aventure a juste été INCROYABLE. Mais avant de tout te raconter et de te donner à toi aussi l’envie de te lancer dans cette folle aventure, je vais t’expliquer un peu comment j’en suis arrivée là. Il faut savoir que chaque année, à la même période c’est à dire pendant l’été, je passe par une phase où je remets littéralement toute ma vie en question. Je fais le point sur l’année qui s’est écoulée et généralement je passe par une phase de déprime où j’ai la sensation que rien ne va plus dans ma vie. Plus particulièrement depuis que j’ai fini mes études, j’ai l’impression de faire du sur place, de ne pas trouver de satisfaction dans mon quotidien, de ne plus rien accomplir. J’ai la chance d’avoir une résilience assez forte et d’être capable de rapidement me remotiver et d’établir un plan d’action pour faire bouger mon quotidien. Cet été j’ai donc pris deux décisions : m’inscrire à ce startup weekend et faire part à mon manager de tous les points qui ne me conviennent plus dans mon quotidien professionnel.

Aujourd’hui j’écris donc cet article pour te raconter comment ce startup weekend est sur le point de marquer un tournant dans ma vie. Tout d’abord, tu dois savoir que je n’étais pas du tout sereine à l’idée de me rendre, seule, à un événement avec uniquement des gens « ouf ». Parce que dans ma tête c’était ça, j’ai encore du mal à avoir confiance en moi et je me disais que ça allait être difficile, j’étais impressionnée par les mentors, par le lieu, par le concept même de passer 54 heures d’affilée à bosser. Heureusement, nous avons un peu dormi quand même. 😉
Quand je suis arrivée j’ai été étonnée par la bienveillance de toutes les femmes qui étaient là : en fait nous en étions toutes au même point, pleines d’idées, de volonté, de courage, et paniquées à l’idée d’enfin « se lancer ». Je dis femmes car nous étions au Global Startup Weekend Women, édition spéciale où seules les femmes peuvent être porteuses de projet afin de promouvoir l’entrepreneuriat pour les WonderWomen !

L’idée de ce weekend est de pouvoir tester son idée : tu viens avec une idée, tu la pitch en 1 minute le vendredi soir, tu formes ton équipe et bam c’est parti pour 54h intenses pendant lesquelles tu vas pivoter, pivoter, pivoter… Alors pivoter qu’est-ce que c’est ? C’est lorsque tu crois que tu as une bonne idée, mais qu’au final un mentor vient te challenger et que tu dois revoir tes plans parce qu’il te fait prendre conscience que ça ne va pas marcher. Et tu recommences, et un second mentor vient te voir et il te dit qu’en fait ton idée précédente était meilleure, et tu réitères, encore. C’est intense, cela nécessite de prendre des décisions rapides, de bien s’organiser avec une équipe que tu viens tout juste de rencontrer, de bien répartir les taches… Bref, l’équipe dont j’ai fait partie a été incroyable, nous avons réussi le challenge car nous avons fini 2ème lors du grand jury du dimanche soir 🙂

A titre personnel je suis venue cette fois-ci en tant que participante, sans pitch, uniquement pour dans un premier temps découvrir ce monde de l’entrepreneuriat. Je n’ai pas été déçue une seule seconde. Cela fait tellement de bien de se sentir entourée de personnes aussi motivées que toi, prêtes à tout donner, pleines d’énergie positive. Dans mon quotidien actuel j’essaye de me battre chaque jour pour faire changer les choses, mais l’environnement dans lequel j’évolue n’est pas du tout propice à ce changement. Cela va très lentement, et je finis par être fatiguée de me manger des murs. Je pense que nombreux sont les employés qui sont arrivés, de la même manière que moi, avec ce que j’ai envie d’appeler « une flamme », cette envie puissante d’aider, de changer les choses pour faire mieux et pousser à l’amélioration continue… Mais nombreux sont ceux également qui ont été désillusionnés, et qui ont perdus leurs flammes, sont restés là, impuissants, et qui aujourd’hui n’apportent plus rien à leur entreprise. Pour ma part j’ai décidé qu’à l’issue de ce weekend, rechargée d’énergie positive, j’allais tenter une dernière fois de tout changer …

Alors maintenant je vais te partager les citations que j’ai entendue pendant ce weekend qui m’ont vraiment fait un électrochoc …

 « Décider c’est renoncer »

C’est à dire que si tu ne prends pas de décision, si tu ne parviens pas à renoncer à une voie possible pour avancer dans une autre, alors tu restes statique et ton projet n’avance plus.

« Se concentrer sur le problème et non sur la solution »

Nous nous sommes avant tout focalisés sur le problème, et c’est bien ça le cœur de l’idée, si à la base tu ne t’imprègnes pas suffisamment du problème alors lors de l’élaboration de la solution tu dérives et tu coules.

« Se fixer des objectifs mesurables »

Si ton objectif c’est « coder le site web » alors ça ne marchera pas car tu n’auras pas la sensation d’avancer, de progresser, et c’est difficile psychologiquement de rester motivée si on a l’impression de stagner. Alors que si tu te fixes un objectif clair tel que : « finir un logo en deux heures » tu pourras, une fois la tâche accomplie, cocher ce point de ta liste et passer au suivant !

« Délègue ce que tu sais faire »

Alors là, cela a été une véritable révélation, et pourtant c’est si évident. Déléguer ce que tu sais faire te permet de contrôler ce qui a été fait. Ainsi la personne ne peut surévaluer le temps et le budget pour réaliser la tache car tu sais exactement ce que cela nécessite. Tu te retrouves donc à faire ce que tu connais moins, ce qui te permet de t’améliorer et de pouvoir déléguer de nouvelles choses.

« Joue la désimposture »

En tant que femme, je sais à quel point il est difficile de se sentir légitime dans ce milieu. Alors que des amis, qui se disent être en phase d’accélération, qui tiennent un projet de ouf et qui savent bien se vendre j’en ai des tonnes. Mais étonnement, ils n’ont pas client. Donc à un moment, crois un peu en toi et vends toi !

« Imaginer le pire »

Là je me suis dit, imaginons que je démissionne et que je me lance. Le pire du pire c’est qu’au bout de 6 mois je n’ai toujours aucun client, aucun contrat signé, plus d’argent, et qu’au final je doive reprendre un CDI. Donc en fait le pire c’est quoi ? La situation dans laquelle je suis déjà ?

« N’écoute pas les cons »

Des gens capables de te démotiver et de te dire que le milieu entrepreneurial est difficile il y en aura toujours. Et pourquoi agissent-ils de la sorte ? Simplement parce qu’ils sont jaloux, eux n’ont jamais eu le courage de se bouger et de chercher à changer les choses dans leur vie ! Donc, apprends à t’entourer des personnes qui seront là pour te rappeler à quel point tout est possible et qui croiront en toi ! 🙂

Je vais finir cet article par te parler de ce que cela a déjà changé dans ma vie cette semaine : j’ai eu plusieurs échanges avec mon manager, les choses sont également sur le point de changer au sein de mon équipe et je suis vraiment soulagée de ne plus être « statique ».

Ce weekend m’a également permis de rencontrer des personnes exceptionnelles qui se reconnaîtront, des personnalités incroyables et des entrepreneur(e)s inspirant(e)s ! Maintenant si toi aussi tu veux devenir une entrepreneure badass n’hésite pas à rejoindre le bootcamp Heroyn créé par deux femmes exceptionnelles que je ne peux donc que chaudement vous recommander de rencontrer 🙂

Peut-être cela nous donnera même une occasion de nous rencontrer car il n’est pas exclu que je continue sur ma lancée 😉

Si toi aussi tu as une petite citation inspirante pour pousser à se dépasser un petit peu plus chaque jour n’hésite pas à la partager en commentaire,
Dans l’attente de vous lire,
Claire

La communication dans le milieu de l’entreprise

La communication dans le milieu de l’entreprise

Cette semaine a eu lieu au sein de mon entreprise un séminaire dont la thématique était le changement, « Et si on pensait autrement ? ». Durant toute une matinée, l’ensemble du département, soit une centaine de personnes – dont seulement une dizaine de femmes, informatique oblige ! – a été encadrée par des professionnels du théâtre. De prime abord, j’ai été très sceptique lorsque j’ai reçu l’invitation dans mon agenda Outlook. A la lecture de la description de l’événement, je me suis tout d’abord demandé si mon manager allait me laisser y participer durant toute une matinée. Au prix où nous sommes payés, la question est légitime. J’ai ensuite été très étonnée que cet événement ne soit pas réservé aux internes. Ils ont réussi à débloquer du budget pour convier les externes à cet événement ? Finalement, une communication du responsable du département nous a expliqué que notre présence était obligatoire. Nous avions eu très peu d’informations sur le contenu de cette matinée, j’avais appris en off que nous allions faire du théâtre mais je ne comprenais pas bien l’objectif de cet événement.

A notre arrivée, comme promis, un buffet petit déjeuner nous attendait. L’ambiance était détendue et conviviale. Nous avons chacun reçu un bracelet de couleur afin de nous diviser en quatre équipes. Nous avons ensuite été invités à rejoindre un amphithéâtre dans lequel il nous a été présenté le planning de la matinée ainsi que les quatre sujets que nous allions aborder. J’ai été heureuse d’apprendre que je faisais partie de l’équipe bleue, l’équipe de la communication. Les autres équipes ont abordé les thématiques de la gestion de projet, des processus de livraison et du partage de la connaissance. Le premier exercice, que nous avons fait tous ensemble, fut un exercice de théâtre visant à nous aider à nous détendre, à nous exprimer, à crier, un jeu appelé le samouraï. J’ai été réellement étonnée que déjà à ce stade tout le monde accepte de se prêter au jeu, et certains m’ont surprise par leur aisance, et d’autres par leur timidité. D’ailleurs, un manager, que je côtoie souvent, qui passe son temps à faire des blagues dans l’open-space a par exemple eu énormément de mal dès ce premier jeu, ce qui m’a fortement déconcertée. Le second jeu a consisté à chacun notre tour, sans pause, laisser un message de 15 secondes sur un répondeur imaginaire exprimant une émotion forte. Je suis restée dans ma zone de confort, et j’ai exprimé une émotion que je connais très bien, le stress. J’ai laissé un message sur le répondeur de mon manager en lui annonçant que toute l’équipe avait démissionné et que je me retrouvais seule avec deux incidents de production à gérer, honnêtement je crois que j’ai réussi à faire ressentir cette émotion puisque moi-même à la fin de mon temps de parole, j’avais presque les larmes aux yeux. Cette fois-ci encore, certains de mes collègues m’ont impressionnée. La plupart d’entre eux, tout comme moi ont choisi des émotions négatives comme la peur, le stress, la tristesse. Je crois même qu’une seule personne a choisi la joie, et le connaissant bien, ce choix ne m’a pas étonnée venant de lui et son improvisation a été incroyable.

Après ce petit jeu, le débat « sérieux » a été ouvert. Les jeux précédents ont permis de délier les langues et nous avons pu réellement tous nous exprimer suite à cela. La communication dans le milieu de l’entreprise n’est pas une chose aisée. Nous sommes dans des locaux en « flex-office » c’est-à-dire que nous n’avons pas de bureau fixe, seulement un casier et le matin lorsque nous arrivons nous pouvons nous placer où nous le souhaitons. Cependant depuis la mise en place de ce flex-office, des quartiers se sont dessinés, où les équipes s’installent souvent ensemble et me concernant, je suis à la même place depuis le début et je n’en ai pas bougé. Dans ces « open-space » d’une dizaine de personnes, nous sommes donc souvent dans un environnement de travail très bruyant, entre les conversations téléphoniques, les discussions entre collègues, les réunions improvisées autour d’un même poste de travail, le calme et le silence sont difficiles à maintenir. J’ai la chance de pouvoir très facilement me concentrer lorsque j’écoute de la musique ou des podcasts, donc quand je suis sur une tâche de fond tel que du développement, alors je mets mes écouteurs et je me concentre quelques heures afin de m’isoler dans ma bulle. Mes collègues comprennent le message et savent que ce n’est pas le moment pour me déranger. Cependant, je sais que je suis également très bruyante, lorsque par exemple nous avons un incident de production, les échanges au sein de l’équipe pour aider à la résolution de l’incident sont nécessaires et peuvent déranger les collègues de l’open-space qui ne sont pas de notre équipe.
Est ensuite venue la question du « râlage ». Nous avons tous parmi nos collègues cette personne qui râle tout le temps. Quels que soit la météo, le jour de la semaine ou de l’année, cette personne trouvera un moyen de râler parce qu’elle est une râleuse chronique. Il y a quelques mois lors d’une campagne CHO (Chief Happiness Officer – Responsable ponctuel du bien-être au travail), nous avons eu interdiction de râler pendant une semaine. Pour chaque action de « râlage », nous avions un tableau où nous reportions nos actions les faits, et à la fin de la semaine, en fonction du nombre d’occurrences, nous devions faire un don en conséquence à une association caritative. L’idée était bonne, sur le fond, les râleurs chroniques c’est fatiguant dans les open-space, et cela a tendance à la fin de la journée à avoir pesé sur le moral de ses collègues. On préfère tous avoir des collègues qui sourient et sont heureux dans leur travail, parce que oui le bien-être au travail ça ne doit pas seulement être à la télé. Mais, dans le fond, les quelques fois où j’ai râlé je n’ai pas trouvé ça juste que ce soit relevé car je jugeais que je ne râlais pas pour rien ! Râler, par exemple, sur une problématique d’organisation cela peut aboutir à quelque chose de constructif. Seulement il est vrai que « râler » n’est pas forcément la chose la plus constructive à faire, mais c’est facile. Tandis que demander à son manager un entretien pour soulever une réelle problématique et chercher une solution ensemble c’est beaucoup plus compliqué, d’autant plus lorsque l’on est externe et que l’on remet en cause des process internes.
Une fois toutes ces idées échangées, nous avons choisi de faire devant les autres équipes une improvisation d’une scène de « râlage » en open-space qui se termine par l’arrivée du manager qui permet d’ouvrir le débat avec le râleur. Cette scène a atteint son objectif puisqu’elle a fait rire l’assemblée et nous avons réussi à faire passer notre message. Les scènes d’improvisation réalisées par les autres équipes ont également été très intéressantes et ont soulevé d’autres problématiques comme la surcharge de travail qui pèse sur certaines personnes, l’absence d’écoute en réunion où chacun est soit sur son ordinateur soit sur son téléphone, les plannings de livraison qui changent jusqu’à la dernière minute et qui mènent à une mise en production que l’on qualifie de « quick and dirty », l’absence de documentation pour former les nouveaux embauchés. Toutes ces thématiques ont finalement ouvert des débats et nous ont également ouvert les yeux sur le fait que l’on gagnerait à travailler avec les autres équipes car toutes les applications rencontrent les mêmes problématiques et réfléchir à des process communs pour améliorer notre productivité et notre efficacité au quotidien serait très bénéfique.
Des ateliers de travail sur les thématiques de l’agilité (méthode de gestion de projet qui vise à faciliter le dialogue avec le client pour converger plus rapidement vers le produit final), de la gestion de la connaissance et du DevOps (Pratique technique de l’ingénierie informatique) ont été présentés à l’issue de cette matinée auquel chacun est libre de venir participer. Pour ma part, je pense y participer à l’avenir car j’ai trouvé le travail de l’équipe en charge de l’organisation de ce séminaire impressionnant. Je crois désormais que le changement est possible dans cette entreprise, je ne sais pas si je souhaite en faire partie du fait de mes projets parallèles, mais je leur souhaite de réussir.

Durant la pause déjeuner qui a suivi cette matinée, les débats ont continué à fuser, preuve de l’impact que ces échanges ont provoqué et de l’urgence de ce changement. Nous avons également été flattés en tant qu’équipe d’apprendre que les autres applications étaient très curieuses de connaître nos secrets concernant notre nouvelle organisation, nos nouveaux process que nous avons mis en place depuis 6 mois. Alors même si parfois je rentre le soir en me sentant totalement désemparée face à la multitude de changements qui restent à être mis en place et face à la montagne de travail qui nous attend à très court terme, je réalise que finalement par rapport aux autres équipes nous sommes enviés par notre croissance actuelle.
Ce changement, je sais que j’y ai fortement contribué à titre individuel, tandis que précédemment j’abordais la problématique du manque de reconnaissance par la hiérarchie, finalement cela fait du bien de savoir que les autres équipes, elles, ont conscience de ce que chacun a permis d’apporter dans chaque équipe.

Etant donné la période que je traverse actuellement où j’ai un fort besoin de changement, une envie de bouger, ce séminaire m’a redonné de l’espoir et peut-être m’aidera-t-il à supporter quelques mois de plus la charge mentale de mon poste. Je vais tenter une nouvelle fois d’ouvrir le dialogue avec mon manager, et j’espère que cette fois-ci il me proposera des solutions à la hauteur des problèmes d’organisation que je remonte depuis plusieurs mois et qu’enfin il réussira à écouter ce que je ne cesse de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

Je serais curieuse de connaître les méthodes qui sont appliquées au sein d’autres entreprises permettant de délier les langues,
Dans l’attente de vous lire,
Claire 

Les « boites de prestation »

Les « boites de prestation »

Un collègue au sein de mon entreprise m’a confié cette semaine qu’il avait d’ores et déjà, à 29 ans, renoncé à être placé sur un projet dont le contenu le passionne. Selon lui, ce n’est pas le travail qui doit permettre d’atteindre une satisfaction personnelle. Il pense que c’est une quête vaine et que la seule chose que l’on puisse faire c’est chercher à tirer parti au mieux de chaque expérience : acquérir de nouvelles compétences, apprendre à travailler avec différentes personnes, avec de nouvelles méthodes etc.

Je me suis dit qu’il y avait réellement un gap entre sa façon de penser et la mienne, jeune femme de 24 ans plus que déterminée à trouver un job dans lequel elle puisse pleinement s’épanouir. Je ne sais pas dire quelle est l’origine de cet écart de vision, mais il n’a pas cherché à comprendre la mienne et s’est contenté d’essayer de m’expliquer que ma vision était mauvaise.
Alors qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise vision, il y a des visions, des envies, des objectifs de vie et les moyens que l’on met en place pour les atteindre. Je ne pense pas qu’il soit vain de chercher un job qui nous passionne. Ce que j’attends de mon job c’est du challenge, une équipe sur laquelle je pourrai compter, travailler dans un domaine qui me passionne, avoir un salaire à la hauteur et obtenir la reconnaissance de ma hiérarchie. Et bien au 21ème siècle il est très difficile de cocher toutes ces cases car finalement même lorsque l’on pense faire de son mieux, que l’on se donne à fond, au lieu de recevoir de la gratitude, de la reconnaissance ou j’oserais même imaginer à une augmentation ou une récompense liée à la performance individuelle, on nous dit qu’il ne fallait pas se fatiguer à en faire autant. On nous répond que c’était de « l’overkill ».

C’est pourquoi aujourd’hui j’ai décidé « d’arrêter d’en faire autant ». Être force de proposition, proposer sans cesse des voies d’amélioration, faire des horaires de plus en plus conséquents m’a menée à une situation où j’ai eu la sensation d’être la seule à me soucier du bon avancement du projet. Mais quand tu débarques sur une mission, tu as envie de faire tes preuves, tu donnes tout ce que tu as, mais au final le monde est fait de requins qui n’en ont rien à faire que ça soit toi qui ait tout fait tant que c’est fait. Tu as accompli 90% du travail de l’équipe sur la semaine ? Et bien je t’annonce que tu n’auras pas 90% du salaire de l’équipe, ni 90% de la reconnaissance de la hiérarchie.

Je suis actuellement dans une boîte dite de prestation. Quand j’étais encore en école je ne connaissais pas ces entreprises. Je pensais que l’on était toujours directement embauché dans la société dans laquelle on travaille, alors qu’au final nombreux sont les jeunes ingénieurs qui débutent par ces entreprises. Se faire une place directement « en interne » c’est à dire sans passer par une boîte de prestation c’est très rare.
Mais qu’est-ce qu’une boite de prestation ? Ce sont d’un côté pour la plupart des jeunes ingénieurs et de l’autre ce que l’on appelle des commerciaux. Les jeunes ingénieurs, maternés pendant leur cursus en école, se laissent souvent facilement approcher par les commerciaux via les sites du type Linkedin, Indeed, CadreEmploi… Ils sont flattés que l’on vienne les chercher pour travailler, alors la plupart ne prennent même pas le temps de chercher à postuler ailleurs et signent avec la première boite de prestation qui s’est manifestée. Ils sont embauchés dès leur sortie d’école en CDI, c’est déjà un point positif en comparaison avec les CDD proposés par les grands groupes. Ils sont alors placés par les commerciaux dans des missions chez les clients de la société de prestation pour une durée pouvant varier de 6 mois à 3 ans, et une durée supérieure n’est aujourd’hui plus autorisée par la législation puisqu’au delà de trois ans on considère qu’il ne s’agit plus d’un service de prestation. Entre chaque mission, le consultant est en période « d’intercontrat ». C’est à dire qu’il doit faire acte de présence sur des horaires stricts, au siège social de l’entreprise pendant cette période et doit « s’autoformer » en rendant compte de son activité. Si l’entreprise est sympa, une fois sa nouvelle mission trouvée il peut être dispensé de présence et rester chez lui en attendant sa date de début dans cette dernière.

Il y a des avantages et des inconvénients, honnêtement de manière totalement subjective, je le reconnais aujourd’hui, j’y vois plus d’inconvénients que d’avantages.
J’ai choisi ce schéma en pensant que ça serait un avantage de pouvoir changer de mission facilement, d’avoir quelqu’un à notre écoute pour nous aider dans nos choix de carrière et nous permettre d’avoir accès à des missions que nous n’aurions pas obtenues si nous avions postulé directement. En réalité ce qui compte ce n’est pas ce que toi tu penses de la mission, c’est ce que pense ton manager de ta mission. Je ne pensais pas faire partie de la masse, j’avais pris le temps de me renseigner, de passer des entretiens dans pas moins de 15 boites de prestation différentes sur Paris – il n’y a pas vraiment de suspens à l’issue d’un entretien dans ce type de boite, s’ils te contactent ils t’embaucheront – mais j’ai quand même fini par en choisir une pour plusieurs raisons :

  • J’étais ingénieure en matériaux et mécanique et je souhaitais me former sur les métiers de l’ingénierie informatique parce que je reste convaincue que cela me permettra d’approcher le milieu de l’entrepreneuriat où ces compétences sont plus qu’appréciées, la société que j’ai choisie proposait donc d’entrée de jeu une formation en informatique de deux mois,
  • De plus, lors de ma première expérience j’avais eu un réel manque d’écoute de la part de mon manager et je pensais qu’avoir un commercial me permettrait d’avoir quelqu’un pour me guider dans mes choix de carrière,
  • Et enfin, je signais un CDI et je savais qu’obtenir ce statut social me permettrait d’une part d’avoir accès à un prêt si je souhaitais me lancer dans l’achat d’un appartement et d’autre part cela rassurerait mes parents.

Dans les faits, si je fais le point, cela fait maintenant un an que je travaille au sein de la même société de prestation et le rôle de « prestataire » ne me convient pas.

Premier point qui ne va étonner personne, en choisissant de quitter un grand groupe pour intégrer une société de prestation j’ai dû accepter une baisse de salaire d’environ 10%. Alors j’ai essayé de négocier, mais dans les sociétés de prestation tout comme dans les grands groupes, les grilles de salaire sont fixes en fonction de l’école. J’ai également fait d’autres concessions, j’ai désormais 40 minutes de transport matin et soir pour aller au travail là où avant j’avais 20 minutes. Je n’ai plus de cantine ni de salle de sport. Mais tout ça, honnêtement, pour un « job passionnant » j’étais prête à tirer un trait sur ces avantages. Seulement aujourd’hui, mon job intéressant à mes débuts n’est plus autant « passionnant », j’ai la sensation d’avoir fait le tour.

La première chose à comprendre lorsque tu es prestataire est que tu es remplaçable. Demain, ou plus exactement sous deux semaines, la société client peut demander à la société de prestation de te sortir de mission. Alors on voit beaucoup de gens arriver, beaucoup de gens partir. Les seuls qui restent ce sont les internes c’est-à-dire les managers. La connaissance, souvent trop possédée par les externes se perd alors d’année en année. La formation des nouveaux embauchés est absente. Et pour ma personnalité il a été difficile d’accepter « tout ça ». Le prestataire ne fait pas partie de la société client : il ne doit pas s’attacher plus que les internes au bon avancement du projet et encore moins devenir le seul à posséder la connaissance car cela est mauvais tout autant pour lui que pour la société client. Ce qui finit dans cette situation par se produire est que le prestataire se voit confier des missions qui ne sont plus de la prestation car elles incluent une responsabilité et la société client peut se retrouver handicapée au départ de ce prestataire.

Si vous avez parcouru mon profil psychologique disponible dans la page des coachings en orientation, alors vous savez que contre mon gré je suis une leadeuse naturelle et qu’il m’est très difficile de ne pas prendre « trop de place » au sein d’un projet. Alors pour tous ceux qui sont ou seront amenés à travailler en boite de prestation je vais vous partager quelques petits conseils que j’ai appris pendant cette année :

  • Les paroles s’envolent mais les écrits restent. Tout ce qui est écrit constitue une preuve, mais tout ce qui est oral est improuvable. Il est important de ne pas hésiter à signaler à son manager et sa commerciale, par écrit, les problèmes que l’on peut rencontrer.
  • Ne jamais prendre de responsabilité sans ordre écrit de son responsable.
  • Sauvegarder ses mails, régulièrement, tous les jours, encore une fois pour se protéger.
  • N’avoir qu’une confiance limitée en ses collègues.

Pour ma part cela a été très dur à accepter, aujourd’hui je sais que je dois changer d’air, faire autre chose, d’autant plus avec cette sensation « d’avoir fait le tour ». Alors actuellement je fais de mon mieux pour me donner les moyens de voir autre chose, et d’enfin trouver un job qui me passionne.

Si vous avez vous aussi une expérience en boite de prestation ou si cet article vous a « passionné » n’hésitez pas à échanger dans les commentaires,
Dans l’attente de vous lire,
Claire